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La startup sociale et son écosystème

Quelques définitions

Startup

Le terme startup est traduit en français par le terme « jeune pousse ». C'est une  jeune entreprise innovante à fort potentiel de développement, nécessitant un investissement important pour pouvoir financer sa croissance rapide...

Entreprise

Une entreprise est une organisation ou une unité institutionnelle, mue par un projet décliné en stratégie, en politiques et en plans d'actions, dont le but est de produire et de fournir des biens ou des services à destination d'un ensemble de clients ou usagers, tout en réalisant un bénéfice. (Son créateur est qualifié d'entrepreneur...)

Entrepreneur

Le terme entrepreneur définit une personne qui développe une activité commerciale en prenant des risques financiers dans l'espoir de réaliser des profits...

Une nouvelle définition à créer

Startup sociale

Nous qualifions ici de "startup sociale" une jeune entreprise de type commerciale (SAS, SARL, SA) dont l'objet social vise au traitement d'une thématique sociale d'intérêt général et qui est en capacité d'être profitable par le développement d'un modèle économique reposant quasiment exclusivement sur la vente de biens ou de services.

Les origines de l'entrepreneuriat social

L'entrepreneuriat social est une notion qui est apparue dans plusieurs pays et sous différentes formes dès les années 1990.

Aux Etats-Unis, le programme de recherche et d'enseignement « Social Enterprise Initiative » est lancé par la Harvard Business School en 1993. D'autres programmes de formation et de soutien aux entrepreneurs sociaux suivront, centrés particulièrement sur l'entrepreneur et le projet.

En Europe, cette notion est intimement associée à l'Economie Sociale et Solidaire et le vocable « entrepreneuriat social » est accolé à toutes les initiatives de l'ESS, y compris les associations.

Sous une impulsion d'abord italienne, l'entrepreneuriat social prend racine dans la tradition coopérative de l'économie sociale en Europe. C'est dans un contexte de récession économique que l'Italie crée un statut de « coopératives de solidarités sociales » en 1991.

A cette période commencent à émerger de nouvelles dynamiques entrepreneuriales à finalité sociale dans plusieurs pays européens. D'une intensité variable et de natures différentes, elles partagent néanmoins certains traits :

  • création de nouveaux statuts (en Italie, Belgique, Finlande, France,...),
  • mobilisation des pouvoirs publics (le gouvernement au Royaume-Uni, la région Andalouse en Espagne...),
  • apparition de nouveaux dispositifs (incubateurs, financements, accompagnement par Ashoka...) et de nouveaux acteurs (comme la "Social Enterprise Coalition" en Angleterre, l'Avise ou le Mouves en France),
  • développement de secteurs dynamiques (environnement, insertion, services de proximité, commerce équitable...),
  • intérêt pour le sujet du système éducatif, des médias et d'institutions internationales comme l'OCDE.

Complément d'information possible:

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FOCUS SUR LE "SOCIAL BUSINESS"

Dans les pays en développement, la notion d'entrepreneuriat social connait également un grand succès, notamment grâce au Prix Nobel de la Paix 2006 Muhammad Yunus, qui a mis sur le devant de la scène le concept de « social business ».

yunus

Les startups sociales s'inscrivent dans la logique de ce concept d'entreprise qui produit une « valeur ajoutée sociale », notamment grâce aux profits réalisés qui ne sont pas reversés en dividende mais réinvestis dans l'entreprise pour décupler son impact.

Les entrepreneurs du social business cherchent à apporter une solution aux problématiques sociales (pauvreté, accès aux soins, à l'eau, à l'électricité, insertion professionnelle, handicap, etc) : la finalité sociale de l'entreprise l'emporte sur sa finalité lucrative.

Dans ses ouvrages, Muhammad Yunus définit un « social business » comme une entreprise :

- Créée et conçue pour répondre à un problème social

- Une entreprise qui ne réalise ni perte ni profit, c'est-à-dire

  1. Financièrement autonome
  2. Les profits réalisés par l'entreprise sont réinvestis dans l'entreprise elle-même (ou utilisés pour démarrer d'autres entreprises sociales), avec pour objectif d'accroître l'impact social


Muhammad Yunus a dressé une liste des 7 principes du Social Business lors du Forum économique de Davos en 2009 :

  • L’objectif de l’entreprise est d’éradiquer la pauvreté, ou de s’attaquer à un ou plusieurs problèmes sociaux (dans les domaines de l’éducation, la santé, l’accès à la technologie, ou l’environnement). L’objectif n’est donc pas la maximisation du profit.
  • L’entreprise assure sa viabilité financière et économique. 
  • Les investisseurs récupèrent seulement leur investissement de départ. Aucun dividende n’est distribué.
  • Une fois les montants investis remboursés, les profits sont réinvestis dans l’entreprise pour son expansion et son amélioration.
  • L’entreprise respecte l’environnement.
  • La main-d’œuvre obtient le salaire du marché avec de meilleures conditions de travail.
  • ... le faire dans la joie !

L'investisseur ne cherche aucun gain personnel car l'objectif de l'investissement est purement de répondre à un ou plusieurs objectifs sociaux à travers l'activité de l'entreprise.

L'impact social de l'entreprise, plutôt que le montant des bénéfices réalisés sur une période donnée, est la véritable mesure du succès du social business, qui s'inscrit dans l'économie de marché pour atteindre des objectifs sociaux.

LES STARTUPS SOCIALES EN FRANCE

En France notamment, l'Economie Sociale et Solidaire est devenue un secteur important mais regroupant des structures très différentes, parfois sans véritable clarification. Aussi, l'ESS regroupe aujourd'hui les acteurs traditionnels français de ce secteur : mutuelles, fondations, coopératives, associations ; mais aussi les entreprises d'insertion, certains organismes de financement... et des sociétés commerciales ! La tradition associative française s'est beaucoup accaparé la notion d'entrepreneuriat social, laquelle correspond pourtant sémantiquement bien davantage aux startups sociales comme nous l'avons défini plus haut.

C'est pourquoi il est nécessaire aujourd'hui de rendre ces startups sociales plus visibles afin de ne plus les noyer dans le très vaste milieu qu'est l'ESS, les faire exister en tant que telles, leur accorder un statut spécifique pour qu'elles se multiplient et ne soient plus une exception.

 

Dans son article premier, la loi-cadre du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire définit celle-ci comme un « mode d'entreprendre et de développement économique adapté à tous les domaines de l'activité humaine auquel adhèrent des personnes morales de droit privé ». Les domaines d'activités doivent néanmoins remplir certaines conditions. Une entreprise sociale et solidaire doit notamment poursuivre un but autre que le seul partage des bénéfices. En outre, les entités de l'ESS doivent établir une gouvernance démocratique définie dans leurs statuts : la circulation de l'information et la participation des salariés, des associés et des parties prenantes doivent se révéler véritablement efficaces au sein de l'entreprise. Enfin, des principes de gestion sont définis par la loi et doivent être respectés. Une entreprise de l'ESS doit présenter une lucrativité limitée puisque les bénéfices doivent être majoritairement consacrés au maintien ou au développement de l'activité de l'entreprise.

L'article 2 de la loi dit:

"Sont considérées comme poursuivant une utilité sociale au sens de la présente loi les entreprises dont l'objet social satisfait à titre principal à l'une au moins des trois conditions suivantes :
1° Elles ont pour objectif d'apporter, à travers leur activité, un soutien à des personnes en situation de fragilité soit du fait de leur situation économique ou sociale, soit du fait de leur situation personnelle et particulièrement de leur état de santé ou de leurs besoins en matière d'accompagnement social ou médico-social. Ces personnes peuvent être des salariés, des usagers, des clients, des membres ou des bénéficiaires de cette entreprise ;
2° Elles ont pour objectif de contribuer à la lutte contre les exclusions et les inégalités sanitaires, sociales, économiques et culturelles, à l'éducation à la citoyenneté, notamment par l'éducation populaire, à la préservation et au développement du lien social ou au maintien et au renforcement de la cohésion territoriale ;
3° Elles concourent au développement durable dans ses dimensions économique, sociale, environnementale et participative, à la transition énergétique ou à la solidarité internationale, sous réserve que leur activité soit liée à l'un des objectifs mentionnés aux 1° et 2°.
"

 

Ces critères sont remplis essentiellement par les entités traditionnelles de l'ESS : associations, mutuelles, fondations et coopératives. Mais la loi est inclusive car on trouve aussi à leurs côtés des sociétés commerciales qui remplissent plusieurs conditions fixées par la loi.

Un début pour revendiquer un statut spécifique pour nos startups sociales ?

 

Car si aujourd'hui les startups sociales peuvent demander l'agrément ESUS (Entreprise Solidaire d'Utilité Sociale), les conditions d'obtention sont très contraignantes voire rébarbatives : un statut spécifique pourrait leur permettre de bénéficier d'avantages nécessaires pour la démultiplication de ce modèle !

 

Complément d'information possible:

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Les chiffres

297 632 établissements sont recensés comme étant entreprises de l'ESS mais seulement 123 sous le statut de sociétés commerciales sur la liste publiée par le Conseil National des Chambres Régionales de l'Economie Sociale et Solidaire : http://liste-entreprises.cncres.org/

 

Sur ces 123 établissements recensés, très peu de startups sociales y figurent. Il est très difficile voire impossible d'obtenir des chiffres relatifs aux startups sociales.

C'est aussi un des buts du site startupsociales.com : les données récoltées auprès des startups sociales feront l'objet d'agrégations thématiques et statistiques qui permettront de connaitre leur poids dans l'économie, leurs caractéristiques ainsi que leur impact sur la société.

 

ACTUALISATION:

Nous sommes heureux de vous annoncer que nous avons commencé à étudier les chiffres concernant les startups sociales référencées sur notre site que vous pouvez retrouver dans la rubrique: En chiffres, sous forme d'infographie et dans une version plus détaillée ici